La Vie et Les Oeuvres Part 2

De concert avec Jørgen Moe, son ami d’enfance et son compagnon d’études, lequel de son côté avait travaillé dans le meme sens avec ardeur et success, il présenta en 1840, à ses compatriots, les premises de ses travaux.

In concert with Jørgen Moe, his childhood friend and his companion of studies, who by his side had worked in the same sense with enthusiasm and success, he presented by 1840, to their compatriots, the premises of their work.

En ce temps là, le nombre était petit de ceux qui se rendaient compte de la valeur toute spéciale, de l’utilité des Contes. Peu des gens songeaient à y chercher des renseignements sur les peoples primitifs, sur l’enfluence exercée sur leurs idées par leur manière de compredre la nature, sur leur mythologie et leur histoire. Quelques rares esprits avaient seuls compris combien la tradition, de génération en génération, de ces Contes – aux temps reculés où la lecture était loin d’être répandue comme aujourd’hui – avait dû non seulement server au délassement de l’esprit, mais aussi, en vertu du sens de justice si vif et si caractéristique don’t ils sont empreints, agir comme moyens d’éducation efficace sur les peoples, et à leur insu.

In this time there, the number was small of those who were aware of the value any special, the usefulness of fairy tales. Little people were considering to seek information on the peoples primitive, on the influence exerted on their ideas by their way of understanding nature, their mythology and history. Some rare spirits had only understood how much the tradition, from generation to generation, of these Tales – at moved back times where the reading was far from being widespread as today – had owed not only server with the relaxation of the spirit, but also, under the terms of the so sharp and so characteristic direction of justice that they are impressed, to act like means of effective education on the peoples, and with their knowledge.

Les choses se passaient alors autrement. La généralité ne voyait dans les Contes que leur côté futile: ce qui suscita des obstacles, lors de la publication de premier recueil, en 1842. Mais il s’opéra bientôt une forte évolution dans les idées. Chacun voulut connaître ces choses si jeunes et si vieilles, pourtant les yeux ne s’ouvrirent pas immédiatement à cette vérité, admise par tout le monde aujourd’hui, que l’apparition de ce livre était l’aurore d’une époque nouvelle dans la literature norvégienne.

The things occurred then differently. The general information saw in the Tales only their futile side: what caused obstacles, at the time of publication of the first collection, in 1842. But it took place soon a strong evolution in the ideas. Each one wanted to know these so young things and so old things, however the eyes did not open immediately with this truth, allowed by everyone today, that the appearance of this book was the one new time dawn in Norwegian literature.

 

La valeur intrinsèque des Contes Norvégiens fut cependant affirmée presque aussitôt par un home hautement considéré en Suède, le Professeur Hagberg qui, dans la Revue “Études et Critiques” de 1844, s’exprime ainsi:

“Le grand mérite des éditeurs des ‘Contes populaires norvégiens’ est d’y avoir laissé dominer la sentiment national rendu dans sa manière naïve et avec son caractère primitif, à ce point qu’on croirait les entendre de la bouche de peuple. C’était une tâche peu aisée, et pour l’accomplir, il ne suffisait pas d’écrire sous la dictée. Il fallait avoir vécu de la vie du peuple et s’être pénétré de son sens poétique, pour lui servir d’interprète en face d’un public instruit qui souvent est loin d’avoir pour la Poésie, le sentiment qu’on rencontre dans la peuple. A ce point de vue, l’éditeur de poésies populaires est, en quelque sorte, le médecin du goût malade, il infuse un sang jeune et frais dans les veines de la Nation. Cette noble simplicité, cet Humour naïf qui sont le propre du Conte, ne peuvent être saisis par une nature à demicultivée; l’enfant et le fils de la Nature les sentent insciemment, mais une intelligence élevée et vraie peut seule les reproduire clairement. Et ce résultat qu’ils ambitionnaient, les éditeurs norvégiens l’ont obtenu: ils sont enrichi leurs pays d’un trésor de poésie nationale dont profiteront également les Nations-Soeurs.”

 

 

The intrinsic value of the Norwegian Tales was however marked almost at once by a home highly considered in Sweden, Professor Hagberg who, in the Review “Studies and Criticisms” of 1844, expresses himself as follows:

“The great merit of the editors of the `popular Norwegian Tales’ is there to have let dominate the national feeling returned in its naive manner and with its primitive character, at this point which one would believe to hear them of the mouth of people. It was a not very easy task, and to achieve it, it was not enough to write under the dictation. It was necessary to have lived of the life of the people and to be themselves penetrated of its poetic direction, to be used to him as interpreter opposite an educated public which often is far from having for Poetry, the feeling which one meets in the people. This point of view, the editor of popular poetries is, to some extent, the doctor of the sick taste, it infuses a young and fresh blood in the veins of the Nation. This noble simplicity, this naive Humour which is clean Tale, cannot be seized by a nature with half-cultivated; the child and the son of Nature feel them unknowingly, but a high and true intelligence can only reproduce them clearly. And this result which they ambitiously, the Norwegian editors obtained it: they are enriched their countries by a treasure of national poetry from which the Nation-Sisters will also profit.”

Asbjørnsen avait déployé dans les Contes populaires, publiés en collaboration avec Jørgen Moe, un talent de conteur remarquable, mais ses qualités d; écrivain se montrèrent encore plus accentuées et plus brillantes dans les “Norske Huldre Eventyr og Folkesagn” dont la première édition parut en 1845; et la troisième, en 1870. Dans les Huldre-Eventyr, il ne s’est pas contenté d’ennoblir et de rendre néammoins fidèlement les récits, tels qu’il les tenait de la bouche des paysans; il les a revêtus de sa ravissante poésie, ravissante en ce que, au  lieu de cacher les beautés de la poésie populaire et loin d’en détourner l’attention, il les éclaire pour en rendre l’effet plus beau et plus complet. Par de magistrales descriptions de la nature au milieu de laquelle s’agitent les personnages dans la bouche desquelles il les a placée, il dispose l’esprit du lecteur à sentir et à comprendre le mystère de la forêt, le murmure du ruisseau et la solitude de la montagne. Ce n’est plus Asbjørnsen l’admirable conteur qui nous parle, il semble que nous assistions en personne à ces excursions féeriques, à ces voyages, à ces parties de chasse et de pêche où il nous conduit; nous croyons même vivre ces aventures et ces récits. On croit voir les Trold, les Huldre et tout leur cortége débucher de la forêt ou sortir de la montagne. On en vient, à son insu, à se persuader que c’est la Nature qui conserve vivants, dans les peuple, les contes et les traditions, puisqu’elle rappelle constamment à l’esprit la présence de forces occultes: puissances créées par l’imagination du peuple et personnifiées dans les Ondines, les Huldre, les Lutins-de-moulin, les Trold-de-montagne et dans toutes les autres formes du mondes des Contes. Nulle part ceci n’est aussi évident que dans Rensdyrjagt ved Ronderne (la Chasse aux rennes dans les Ronder) et dans Fra Sognefjorden (le Golfe de Sogn).

Asbjørnsen had deployed in the popular Tales, published in collaboration with Jørgen Moe, a talent of remarkable storyteller, but his qualities as a writer showed himself more accentuated even and more brilliant in “Norske Huldre Eventyr og Folkesagn” whose first edition appeared in 1845; and the third, in 1870. In Huldre-Eventyr, he was not satisfied to ennoble and to return nevertheless accurately the accounts, such as it held them of the mouth of the peasants; it covered them its charming poetry, charming in what, instead of hiding the beauties of popular poetry and far from diverting the attention of it, it lights them to make more beautiful and more complete the effect. By masterly descriptions of nature in the middle of which the characters are agitated in the mouth of which it placed them, it lays out the spirit of the reader to feel and understand the mystery of the forest, the murmur of the brook and the loneliness of the mountain. It is not any more Asbjørnsen the admirable storyteller who speaks to us, it seems that we attend in person with these fairy-like excursions, these voyages, these shooting parties and of fishing where he leads us; we even believe to live these adventures and these accounts. One believes to see Trold, Huldre and all their procession taking flight from the forest or to leave the mountain. One comes from there, without his knowledge, to convince yourself that it is the Nature which preserves alive, in the people, the tales and the traditions, since she constantly recalls to the spirit the presence of occult forces powers created by the imagination of the people and personified in Ondines, Huldre, the Imp-of-mill, the Trold-of-mountain and in all other shapes of the worlds of the Tales. Nowhere this is also obvious only in Rensdyrjagt ved Ronderne (Hunting for the reindeers in Ronder) and in FRA Sognefjorden (the Gulf of Sogn).

La poésie d’ Asbjørnsen, dans les Huldre-Eventyr, n’a pas seulement cette importance à l’égard des poésies populaires, des contes et des récits qu’il a racontés avec sa manière si originale. Sa valeur intrinsèque n’est pas moindre. Il s’y est montré à la fois paysagiste et peintre de genre. Chacune de ces peintures si variées se recommande par la maestria avec laquelle il indique à l’oeil les détails les moins inportants en apparence: tout en conservant au tableau un effet d’ensemble ravissant. Ses personnages sont toujours si vrais que nous nous figurons pouvoir reconnaître, sans les avoir jamais vus, ces chasseurs, ces pêcheurs, ces politiques de village, ces bohémiens et ces diseuses de bonne aventure, ces maîtres d’école et ces bergères, etc. Il nous semble voir les bêtes sauvages jouer sur la montagne, l’oiseau gazouiller dans les bois, le poisson sauter dans la rivière; en un mot, la nature entière vit sous nos yeux.

The poetry of Asbjørnsen, in Huldre-Eventyr, does not have only this importance with regard to popular poetries, of the tales and the accounts which he told with his so original manner. Its intrinsic value is not less. It showed there at the same time landscape designer and painter of kind. Each one of these paintings if varied recommends itself by the masterliness with which it indicates to the eye the details seemingly less inportants: while preserving at the which charms table an overall effect. Its characters are always so true that we appear ourselves capacity to recognize, without ever to have seen them, these hunters, these fishermen, these policies of village, these gipsies and these monologuists of good adventure, these schoolmasters and these shepherdesses, etc It seems to us to see the wild beasts playing on the mountain, the bird to chirp in wood, the fish to jump in the river; in a word, whole nature lives under our eyes.

Le talent admirable avec lequel ont été dessinées ces scènes de la nature et de la vie du peuple, s’est manifesté d’une manière saisissante par des résultats que l’on doit lui attribuer. La ‘Société des Touristes’ choisit Asbjørnsen, en 1870, pour son premier membre honoraire. Nul choix ne pouvait être mieux fondé, car rien n’a attiré autant la foule de plus an plus grandes des touristes, dans nos contrées pittoresques, que les harmonieuses et charmantes descriptions contenues dans les Huldre-Eventyr. Et c’est là pourant le point le moins important. L’influence d’ Asbjørnsen sur nos peintres, sur notre école de peinture, est avec raison considérée comme immense. Plus réelle encore et plus efficace est celle qu’il a exercée sur la littérature, quant au fond et à la forme. Le premier, il avait ouvert de nouveaux horizons sur la nature de notre pays, signalé les côtés caractéristiques de la vie du peuple et frayé le chemin où, depuis, nos meilleurs écrivains ont trouvé leur voie naturelle, en traitant des sujets nationaux. Il leur a enseigné aussi le ton vrai et la manière spéciale du peuple, seul moyen de faire goûter cettte poésie au grand public. En Fjeldbygd (Une paroisse dans la montagne) par Œstgaard, eût pu difficilement être composé, si les Huldre-Eventyr n’avaient paru auparavant. Dans les oeuvres de Welhaven, d’Ibsen et de Bjørnson, on rencontre des sujets empruntés aux champs qu’ Asbjørnsen avait labourés le premier, et leur style porte trace de son influence directrice. La pièce de théâtre si connue, Til Soeters (Au Châlet) par C.P. Riis, est quant aux situations, aux personnages et à presque toute la mise en scéne, tirée de En Søndagskveld til Soeters (Une soirée au châlet) par Asbjørnsen dans ses Huldre-Eventyr.

The admirable talent with which these scenes of the nature and the life of the people were drawn, appeared in a way seizing by results which one must allot to him. The `Société of Touristes’ chooses Asbjørnsen, in 1870, for its first honorary member. No choice could not be better founded, because nothing attracted as much the crowd moreover year more large of the tourists, in our picturesque regions, than the harmonious ones and charming descriptions contained in Huldre-Eventyr. And it is however the least important point there. The influence of Asbjørnsen on our painters, on our school of painting, is with reason considered as immense. More real still and more effective is that which he exerted on the literature, as for the bottom and with the form. The first, it had opened new horizons on the nature of our country, had announced the sides characteristic of the life of the people and had cut through the path where, since, our best writers found their way natural, by covering national subjects. He also taught to them the true tone and the special manner of the people, alone average to make taste this poetry with the general public. In Fjeldbygd (a parish in the mountain) by Œstgaard, could with difficulty have been made up, if Huldre-Eventyr had not appeared before. In works of Welhaven, Ibsen and Bjørnson, one meets subjects borrowed from the fields that Asbjørnsen had ploughed first, and their style carries trace of his direct influence. The so known play, Til Soeters (With the Country cottage) by C.P. Riis, is as for the situations, with the characters and almost all the setting in scene, drawn from In Søndagskveld til Soeters (One evening in the country cottage) by Asbjørnsen in his Huldre-Eventyr.

 

A partir de l’année 1835, comme nous l’avons dit, Asbjørnsen a fait tous les ans des voyages à l’étranger et des tournées dans la Norvège qu’il a sillonnée en tous sens à la recherche de poésies populaires, ainsi que pour étudier la sylviculture et l’industrie tourbière. Comme naturaliste il a exploré les côtes et sondé les golfes; car les sciences naturelles et notamment l’histoire naturelle des animaux de la mer, ont formé un long temps étude principale. La vie animale dans la mer a au point de vue de la zoologie une importance spéciale qui exerçait sur Asbjørnsen et sur beaucoup d’autres adeptes de cette science, une vie attraction. Au retour de ses voyages il a souvent rapporté des trouvailles précieuses et d’un puissant intérêt pour la science.

From the year 1835, as we said, Asbjørnsen made every year of the voyages abroad and the rounds in Norway which it furrowed in all directions in the search of popular poetries, like studying the forestry and peat industry. As naturalist it explored the coasts and probed the gulfs; because the natural science and in particular the natural history of the animals of the sea, formed a long time principal study for him. The animal life in the sea has from the point of view of the zoology had a special importance to Asbjørnsen and many of other followers of this science, a life attraction. To the return of his voyages he often brought back invaluable lucky finds and of a powerful interest for science.

Pages 6-8

Lars, Alfred, 1873, La Vie et Les Oeuvres de Peter Christen Asbjørnsen, Christiania : C.C. Werner & Co.