La Vie et Les Oeuvres Part I

Il est peu de noms en Norvège, qui sonnent mieux à l’oreille du peuple que celui Peter Christen Asbjørnsen. Que celui qui le porte trouve un pêcheur au bord d’une rivière, visite une bergère dans son chalet ou cause avec une paysanne, en pleine Laponie; qu’il rencontre un maquignon ou un chasseur de rennes sur la montagne, plus d’un s’écrie à l’audition de son nom: “Comment, c’est toi! Quel plaisir ae to voir enfin, toi qui nous as conté de si beaux contes.” Vieux et jeunes, riches et pauvres, ignorant et letters, qu’ils habitant la ville ou la campagne, tous connaissent les “Folk-Eventyr” (a) et les “Huldre-Eventyr” (b). Grâce à la manière dont l’auteur les a présentés, le peuple s’y reconnaît à chaque trait; il y revoit sons pays comme en un miroir poli. C’est donc à juste titre que le nom du Conteur est connu de tous et cher à ceux qui aiment la Nature et le Peuple  aves sa poésie et ses souvenirs impérissables. De là vient qu’ Asbjørnsen a eu le bonheur enviable de se conquérir un public ami et reconnaissant, composé d’hommes, de penseurs et d’enfants naïfs, de gens simples et de critiques pointilleux.

It is little names in Norway, which sound better to the ear of the people than that Peter Christen Asbjørnsen. That the door is a fisherman in edge of a river, visit a shepherdess in her chalet or pause with a peasant, in open Lapland; that it meets a horse dealer or a hunter of reindeer on the mountain, all exclaimed on the hearing of his name: “How, it is you! How pleased to see finally, you which we as the keeper of beautiful tales.” Young and old, rich and poor, ignorant and learned, the inhabitant of the city or the countryside, all know the “Folk- Eventyr ” (a) and the “Huldre-Eventyr” (b). Thanks to the manner in which the author has presented, the people can recognise each trait; one can see ones country in a polished mirror. It is therefore right that the name of the Storyteller is known to all, invaluable to those who love the Nature and the People with its poetry and its imperishable memories. This is that Asbjørnsen has had the happiness enviable to conquer a public friend and recognised, composed of men, thinkers and naive children, of simple people and captious critics.

La mérite d’Asbjørnsen comme Conteur aurait suffi pour appeler et fixer l’attention sur lui; mais même en dehors de cette partie de son oeuvre, il laisse de quoi rendre son nom populaire entre tous. Ses qualités d’écrivain ne se sont pas développées par le travail de cabinet; son talent est une plante qui vit en plein air et dont la tige solide porte non seulement des fleurs charamantes et embaumées, mais aussi des fruits utiles, agréables, salutaires et fortifiants. En d’autres termes, il a produit de nombreux ouvrages accessibles à toutes les intelligences, dont les uns contiennent des récits de voyages, des portraits d’hommes célèbres de la Norvège, etc.; d’autres traitent des sciences naturelle, de l’agriculture, de l’industrie de la tourbe, de la sylviculture, de la cuisine, de la conduite d’un ménage et de beaucoup d’autres matières, d’utilité domestique. Sur toutes il a appelé l’intérêt, porté la lumière, la réforme et l’enseignement. Plusieurs de ces questions étaient inconnues du public; en les lui élucidant, Asbjørnsen a ouvert au peuple des voies nouvelles vers la science et l’instruction, tout en tenant compte de ses intérêts matériels. Le cachet auquel on peut reconnaître aisément que tous ces ouvrages, malgré leur diversité, sont sortis d’un seul et même espirit, c’est d’abord le talent avec lequel l’auteur relègue toujours au second plan les parties de moindre importance, met en relief le sujet principal et tout ce qui peut aider à le mieux éclairer: si bien que ce qui est propre à l’écrivain est facile à voir et à saisir; puis l’art avec lequel il captive ses lecteurs, malgré l’aridité du sujet, par son habileté à traiter et par la perfection de son style. Souvent même on croit voir quelque chose rire et folâtrer entre les lignes de ses écrits aux vues sérieuses et pratiques, et nous reconnaissons cet Humour que les Contes populaires nous ont appris à aimer.

The attention on Asbjørnsen as Storyteller is deserved would have been enough for calling and fixing; but even except this party of his work, he leaves of what to return his popular name between all. His writer’s qualities did not develop by a job of office; his talent is a plant which saw open-air and the solid stem of which carries charming and perfumed flowers not only, but also of useful, nice, salutary and fortifying fruits. In other words, it produced numerous works approachable to all accessible compositions, tales of trips, portraits of famous men of Norway of which some people celebrate, etc; others treat natural sciences, agriculture, industry of peat, forestry, kitchen, keeping of a household and many other subjects, domestic usefulness. On all he called the interest, brought light to, reform and education. Some of these questions were unknown of the public; by clarifying them to him, Asbjørnsen opened to the people of the new ways towards science and education, while taking into account the material interests. The cachet in which they can acknowledge easily that all these works, in spite of their diversity, went out of an one and the same spirit, it is first the talent with which the author always relegates the parties of lesser importance in the middle distance, throws into relief the main subject and all that can help to light it better: so what is clean to the writer is easy to see and to grab; then the art with which it enthralls his readers, in spite of the aridity of the subject, by its skill at dealing and by the perfection of its style. Often even they believe see something laughing and romping about between the lines of his writings in serious and practical views, and we acknowledge this Humour which popular Tales learnt us to like.

Quoique Asbjørnsen, pendant une longue suite d’années – depius 1835, croyons nous – ait constamment parcouru les provinces de la Norvège et les pays étrangers: ce qui lui a créé de nombreuses relations personnelles, il est cependant possible que bien des gens n’aient jamais vu ses traits ou ne connaissent de lui que son nom. Cela nous a déterminé à publier son portrait d’après une photographie récente et bien réussie, ainsi qu’un court aperçu des évènements de sa vie et de ce qu’il a écrit.

Though Asbjørnsen, during a long suite of years – since 1835, believe we – always goes through the provinces of Norway and foreign countries: what created him numerous personal relations, it is however possible that many people never have seen his traits or know him only by his name. It caused us to publish this portrait to a recent and well achieved photograph, as well as a short outline of events of his life and what he wrote.

Asbjørnsen est né à Christiania, le 15 Janvier 1812. Son père, Anders Asbjørnsen, était vitrier; et l’on présume que son grand- père, Asbjørnn Andersen, qui était charron, avait vu le jours dans Gudbrandsdal. Sa mère, fille d’un Lensmand de Soendmoere, se nommait Thurine Elisabeth Bruun1. De ce qu’il écrit ou raconté, on peut inférer qu’ Asbjørnsen eut dès son bas âge l’intelligence ouverte aux beautés de la Nature, et que ses yeux observaient ce qui se paissait autour de lui. Aussi ses parents résolourent, de bonne heure, de lui faire faire ses études; mais ses progrès furent moins rapides qu’ils ne l’eussent été si son esprut éveillé et ses yeux observateurs ne l’avaient détourné du but poursuivi pour se porter sur maint autre objet. Et ce n’était pas la seule cause de la marche un peu lente de son éducation: il eut une adolescence maladive, et, plus tard, l’état, valétudinaire dans lequel tomba son père, état empiré par des maladies successives, le priva des moyens nécessaires à la continuation de ses études; même il dut aider son père dans la fabrication d’instruments météorologiques, source de leurs revenus.

Asbjørnsen is born in Christiania, on January 15th, 1812. His father, Anders Asbjørnsen, was glass cutter; and the one presumes that his grandfather, Asbjørn Andersen, who was cartwright, had seen days in Gudbrandsdal. His mother, daughter of a Lensmand de Soendmoere, was called Thurine Elisabeth Bruun1. From what he writes or tells one can deduce from Asbjørnsen that from a young age his intelligence opened to the beauties of Nature, and when the eyes noticed what grazed around him. Also his parents resolved, in time, to make him study; but his progress was less quick than it should have been it if his bright mind and his watchful eyes had not diverted it from purpose followed to carry on many another object. And it was not the only reason of a bit slow step of his education: he had an unhealthy adolescence, and, later, the infirm state in which his father fell, this state got worse by successive diseases, deprived him of means necessary for the continuance of its studies; he even had to help his father in the manufacture of meteorological instruments, source of their income.

En 1833, Asbjørnsen devenu étudiant fut obligé de quitter la ville et d’accepter une place de précepteur à campagne; il y resta jusqu’en 1837, époque où il passe son second examen. Mais il ne s’était pas borné, pendant ce temps de préceptorat, à enseigner et à préparer son examen. Déjà, avent de se faire étudiant, il avait commencé à recueiller les Traditions, les Contes conservés par les gens de son entourage; conduit par les circonstances à la campagne. il y rencontra les meilleures conditions pour poursuivre son travail favori. Son inclination le portrait aussi à parcourir pédestrement les forêts et les montagnes; ces excursions, maintenant à l’ordre du jour, n’étaient entreprises alors que par de rares touristes. Dans ces promenades, il se pénétrait profondément des beautés si variées de la nature sur lesquelles il devait, plus tard, appuyer son oeuvre poétique; il sut découvrir le sentir conduisant au riches trésor de Contes qui demeurait enfoui et improductif. La connaissance qu’il avait acquise antérieurement, des pensées et du caractère des paysans, ses manières simples et ouvertes, la quantité de récits emmagasinés dans sa mémoire et qu’il racontait avec un Humour apprécié partout: tels furent les moyens à l’aide desquels il parvint à se faire communiquer les contes légués aux paysans par leurs ancêtres et que, jusqu’alors, ils avaient gardés exclusivement pour eux.

In 1833, Asbjørnsen because of study had to leave the city and to accept tutor’s place in the country; he stayed until 1837, when he then took his second exam. But he had not limited himself, during this time of tutoring, teaching and preparing for his exams. Already, before his studies, he had begun to gather the Traditions, Stories kept by people of his surroundings; driven by circumstances of the country. He met the best conditions there to follow his favorite work. His inclinations to description also to go through travelling by foot through forests and over mountains; these excursions, supporting his agenda, were undertaken only by rare tourists. In these walks, he penetrated profoundly the various beauties of nature on which he used, later, to support his poetic work; he knew how to discover it, the rich treasure of sensation, Stories which remained buried and unpublished. The knowledge which he had acquired, of thoughts and of the character of the peasants, their simple and open ways, the quantity of tales stored in their memory previously and which were told with a Humour appreciated everywhere: such were means with the aid of which he managed to communicate these stories left to the peasants by their forefathers and that, until then, they had kept exclusively for themselves.

Pages 5-6

Lars, Alfred, 1873, La Vie et Les Oeuvres de Peter Christen Asbjørnsen, Christiania : C.C. Werner & Co.